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Comprendre ses réactions pour apaiser la relation avec son enfant

Garder le lien avec son enfant: trouver l'équilibre entre cadre et liberté.

  • 23 avr.
  • 6 min de lecture

Entre poser des limites et laisser son enfant être lui-même, où se situe le bon équilibre ?


Relation parent enfant positive entre une mère et son fils illustrant confiance et lien affectif

Une aspiration que partagent de nombreux parents


Créer et maintenir, dans la durée, une relation harmonieuse et de confiance avec son enfant est une aspiration profondément présente chez de nombreux parents.


Pour certains, cela semble plus naturel, notamment lorsqu’ils ont grandi dans un environnement sécurisant et soutenant.

Pour d’autres, il est plus difficile de trouver la posture juste.


Car, dans le quotidien, les choses ne sont pas toujours si simples.


Un mot de trop, une colère qui monte, une situation qui nous échappe…et soudain, le doute s’installe: « Est-ce que j’ai bien fait ? »


Dès lors il est important de rappeler qu'une relation harmonieuse n’est pas une relation sans conflit.


C’est une relation dans laquelle chacun peut être lui-même, avec la confiance d’être écouté et accueilli.


Quand on ne sait plus comment réagir face à son enfant


Père et enfant assis dos à dos illustrant une difficulté de communication dans la relation parent-enfant

Imaginez cette scène.


Votre enfant rentre de l’école, visiblement contrarié. Vous lui demandez comment sa journée s'est passée.


Il hausse les épaules.

« Mouais...ca va, comme d'habitude. »


Vous insistez.

Il répond:

« Mais ca sert à rien, l'école c'est nul! »


Agacé, vous tentez de lui expliquer pourquoi l'école c'est important.


Et là, il lâche:

« Bon, laisse tomber, de toutes façons tu peux pas comprendre! »

Il souffle...et quitte la pièce.


Ces situations sont fréquentes.

Un adolescent qui s’oppose, un enfant très sensible, un autre, débordant d’énergie...

Dans ces moments, il n’est pas toujours évident de savoir comment réagir.


Autre exemple: un enfant pleure parce que son dessin est “raté”.

L’adulte peut être tenté de dire : « Ce n’est rien, ce n’est pas grave. »


Mais pour l'enfant, c'est réellement important.

Une intervention ajustée pourrait être :

« Tu es déçu… tu avais envie qu’il soit comme tu l’imaginais. »

L'enfant, ainsi entendu et validé, peut alors traverser l'émotion et s'apaiser.


Face à cela, on oscille souvent entre deux extrêmes :

  • vouloir corriger, expliquer ou minimiser ce que l’enfant ressent.

  • ou à l'inverse, ne pas oser poser de cadre


Une question essentielle se pose alors: 

sur quoi ai-je réellement un rôle à jouer en tant que parent ?


Comprendre son rôle de parent : contenu et contenant


Pour y répondre, il est utile de s’appuyer sur une distinction simple : celle entre contenu et contenant, développée par Colette Portelance et centrale dans l'Approche Directive Non-Créatrice.


Le contenu, c’est tout ce que vit l’enfant: ses émotions, ses réactions, sa manière d’être au monde, ses besoins, ses limites, ses goûts...etc.


C'est tout ce qui fait partie de son identité.


Un enfant peut être en colère, triste, joyeux, timide, exubérant...ces émotions et traits sont légitimes quel que soit le contexte, qu'on les comprenne ou non.


Le contenant, lui, relève du parent.


C’est le cadre qu'il pose : ce qui est permis, ce qui ne l’est pas, les repères qui sécurisent, les valeurs qu'il souhaite transmettre...etc

C'est ce qui sécurise et structure et est non négociable.


Une image simple permet de mieux comprendre : le contenu est comme de l’eau, et le contenant comme le verre.

Sans contenant, l’eau se répand.

Sans contenu, le verre est vide.


Cette distinction permet de clarifier le rôle de chacun :le parent accueille, accompagne et pose un cadre sécurisant pour aider l'enfant à grandir et devenir autonome;  l’enfant vit, ressent et se construit à partir de qui il est.


Concrètement: comment trouver le bon équilibre ?


Enfant contrarié face à ses devoirs illustrant les émotions de l’enfant dans la relation parent-enfant

Revenons à notre enfant contrarié.


Son émotion est réelle dans sa perception de la situation et à ce titre doit être reconnue.

« Je vois que tu es en contrarié. Si tu en as envie, je suis là pour t'écouter. »


Ce type de réponse ouvre un espace sécurisant.


Un espace où l'enfant peut, s'il le souhaite, aller plus loin parce qu’il s’est d’abord senti entendu

Ainsi il serait plus à même de vous confier par exemple: « Je me suis disputé avec mon meilleur copain, on ne se parle plus depuis deux jours. »


Prenons un autre exemple avec un adolescent cette fois-ci:


Votre adolescent souhaite porter une tenue que vous trouvez inadapté, provocante ou simplement très éloignée de vos propres repères.


La réaction spontanée pourrait être : interdire, juger ou au contraire, ne rien dire pour éviter le conflit.


Derrière cette situation, deux dimensions sont à distinguer.

Le contenu : le besoin à l'adolescence de s’affirmer, de se différencier, d’expérimenter, de construire son identité.

Le contenant : le cadre que le parent pose, en fonction du contexte, des valeurs, des limites qu’il estime importantes.


L’enjeu n’est pas de nier mais d'accueillir le contenu, tout en maintenant le contenant.

Autrement dit : trouver une manière de poser un cadre sans couper le lien.


Ainsi une intervention ajustée pourrait par exemple être :

« Je comprends que ce soit important pour toi de t’habiller comme tu le souhaites…et en même temps, il y a certains contextes où j’ai besoin que certaines limites soient respectées.»


Ce type de posture permettrait davantage une discussion où l’adolescent peut se sentir reconnu dans ce qu’il vit et dans son besoin tout en intégrant progressivement les limites posés par l’adulte.


Pourquoi cet équilibre est essentiel dans la relation parent-enfant


Parents et enfant marchant main dans la main au coucher du soleil illustrant le lien et la relation parent-enfant

Quand un enfant se sent accueilli dans ce qu’il vit, sans être corrigé ou jugé, quelque chose de fondamental se construit.


Il apprend à :

  • reconnaître ses émotions, ses besoins et à les exprimer

  • se faire confiance,

  • développer son estime de soi

Il se sent légitime d'exister tel qu'il est.


À l’inverse, lorsque ses émotions sont niées ou rejetées, il peut ressentir de la confusion et douter de lui-même.


Cet équilibre permet aussi de préserver le lien.

Un enfant qui se sent entendu reviendra plus facilement vers son parent, même dans les moments difficiles.

C’est ainsi que se construit une relation de confiance.


Les difficultés fréquemment rencontrées


Deux déséquilibres apparaissent fréquemment.

Trop de contrôle sur le contenu

Le parent peut :

  • juger les émotions

  • ne pas les écouter réellement

  • vouloir contrôler les réactions selon sa propre perception


L’enfant peut alors :

  • se couper de lui-même

  • douter de ses ressentis

  • perdre confiance en lui

  • développer une faible estime de soi


Un manque de cadre

Le parent peut avoir du mal à :

  • poser des limites

  • maintenir un cadre stable et cohérent

L’enfant peut alors ressentir :

  • de l’insécurité qui peut avoir des répercussions à l’âge adulte

  • un manque de repères

  • des difficultés à se structurer


Pourquoi cet équilibre est parfois difficile à trouver


Plusieurs facteurs peuvent compliquer cette recherche d’équilibre :

  • l’histoire personnelle du parent

  • la méconnaissance des stades de développement de l’enfant

  • la difficulté à accepter les différences (personnalité, choix…)

  • les peurs liées à l’avenir ou à la sécurité

  • la fatigue et la charge mentale


Un élément essentiel s’ajoute à cela : l’enfant évolue en permanence.


Ce qui fonctionne à un moment donné peut ne plus être adapté plus tard.

Cela demande au parent de s’adapter, de se remettre en question, et de faire preuve d’humilité.


Trouver son propre équilibre: la connaissance de soi comme levier


Enfants jouant dans la nature illustrant la liberté et le développement de l’enfant dans la relation parent-enfant

Chaque parent est différent, et il n’existe pas de modèle unique.

C’est pourquoi la connaissance de soi est un levier essentiel.


Elle permet :

  • d'identifier ses émotions

  • repérer ses déclencheurs

  • comprendre ses réactions automatiques


Cela permet de faire la part entre ce qui appartient au parent… et ce qui appartient à l’enfant.

Peu à peu, cela ouvre la possibilité de s’ajuster et de construire une posture plus alignée.

C’est un chemin, qui demande de la patience, de l’indulgence envers soi-même et de l'humilité.


Le parent apprend, lui aussi, en même temps que son enfant.


Parfois, prendre un temps pour soi permet de poser les choses plus clairement.


Lorsque certaines situations se répètent ou deviennent difficiles à vivre, être accompagné peut aider à y voir plus clair et à trouver des repères plus ajustés.


Le cabinet propose cet espace, dans le respect du rythme de chacun.


 🌿Le mot de la fin

Être parent, ce n’est pas être parfait

C’est chercher jour après jour un équilibre entre accueil et cadre. C'est parfois douter, se tromper, ajuster...et recommencer.

Cet équilibre n'est pas une destination à atteindre une fois pour toute. C'est un chemin qui se construit, dans la relation, au fil du temps.


Préserver le lien reste essentiel même lorsque le cadre doit être posé.



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