Comment être un parent bienveillant quand on est dur avec soi-même ?
- il y a 3 jours
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Beaucoup de parents souhaitent être bienveillants avec leurs enfants mais oublient parfois d’être bienveillants avec eux-mêmes.
Un certain nombre de parents me confient qu’ils ont déjà essayé plein de choses pour améliorer le quotidien : lire, comprendre, tester des outils, appliquer des méthodes…
Et pourtant, il arrive un moment où ils n’ont tout simplement plus l’énergie d’essayer encore.
À force de chercher des solutions, de se documenter et de vouloir bien faire, certains parents finissent par avoir la sensation de tourner en rond… et de s’épuiser.
Alors le problème n’est ni un manque d’efforts, ni un manque de volonté.
Ce qu’ils souhaitent profondément, c’est se sentir plus sereins, plus apaisés, plus confiants dans leur rôle.
Et bien souvent, ce qu’ils recherchent le plus souvent, n’est pas une nouvelle méthode...mais davantage sérénité dans la relation avec leurs enfants.
Pourquoi la bienveillance éducative commence par soi-même
On parle beaucoup de bienveillance éducative

Mais on oublie souvent une chose essentielle : il est difficile d’être bienveillant avec ses enfants quand on est dur avec soi-même.
Beaucoup de parents essaient sincèrement d’être bienveillants avec leurs enfants, tout en étant très exigeants, voire très durs envers eux-mêmes.
Ils sont remplis de belles intentions. Ils souhaitent être attentifs, respectueux, compréhensifs.
Pourtant, lorsque le quotidien les rattrape, que la fatigue s'installe ou que la vie familiale ne se passe pas comme prévu, ils peuvent être traversés par toute sorte de pensées et peuvent se dire:
« Je devrais être plus patient. »
« Je n’aurais pas dû m’énerver. »
« J’aurais dû faire autrement. »
Ces pensées ne font qu'augmenter la pression intérieure.
Le parent se sent alors tiraillé entre ce qu'il aimerait être...et ce qu'il vit réellement au quotidien.
Le problème n’est donc pas l’intention mais plutôt la difficulté à composer avec son propre vécu tout en continuant d'assumer son rôle.
Quand on est fatigué, sous pression, avec peu de temps pour souffler, il devient beaucoup plus difficile de rester patient, disponible… et bienveillant.
Et cela est profondément humain.
La difficulté à accéder à ses ressources intérieures est souvent amplifiée par un fort sentiment de culpabilité, commun à beaucoup de parents.
Il est parfois difficile d’accepter qu’il soit légitime d’avoir des besoins… et d’en prendre soin.
Prendre soin de soi demande alors de s'organiser pour se donner une place, une priorité.
Or, pour beaucoup de parents, cela peut sembler contre-intuitif.
Ils peuvent penser :
« Si je prends du temps pour moi, je ne suis pas un bon parent. »
« Si je m'occupe de moi, je suis égoïste. »
« Mes besoins ne sont pas importants. »
Ces croyances peuvent rendre difficile le fait de se montrer bienveillant envers soi-même et donc de s’autoriser à accéder à ses ressources intérieures...pour venir remplir un réservoir déjà épuisé.
Bien-sûr, le bien-être et les besoins de l'enfant restent essentiels mais il est tout aussi important de pouvoir rester à l'écoute de ses propres besoins.
Que se passe-t-il quand un un parent manque de ressources intérieures ?
Lorsqu’un parent manque de bienveillance envers lui-même, il peut se juger très durement.
Ne pas accepter ses limites, se reprocher ses réactions, culpabiliser lorsqu’il perd patience...
Cette pression intérieure finit souvent par avoir des répercussions sur soi et sur la relation :
plus d’irritabilité
un épuisement qui s'installe
moins de patience
davantage de tensions dans la relation
Etre bienveillant envers soi-même n'est donc ni un luxe, ni de l'égoïsme.
C'est une condition essentielle pour pouvoir accéder à ses ressources...et être disponible pour son enfant.
La bienveillance: définition et idées reçues

On observe souvent une confusion entre bienveillance et laisser-faire.
Certaines personnes associent la bienveillance au laxisme : l’idée que se montrer bienveillant, reviendrait à tout accepter, éviter les conflits ou ne pas poser de limites.
D'autres, à l'inverse, pensent devoir être autoritaire par crainte que leur enfant ne prenne le dessus.
Comme le rappelle Thomas D'Ansembourg : « Être bienveillant, ce n’est pas tout permettre. C’est veiller avec justesse, avec présence. C’est poser un cadre clair, sans brusquer. C’est offrir un espace d’écoute, sans s’effacer ».
La racine étymologique du mot bienveillance est le terme latin, benevolens, qui signifie vouloir le bien. « Veiller bien » sur son proche, son enfant, sur autrui, c’est apporter et porter une attention désintéressée et compréhensive. En d'autres termes, être bienveillant, c'est être disposé à vouloir respecter autrui et agir pour son bien et dans son intérêt sans en attendre une contrepartie.
Ainsi, la bienveillance ne repose ni sur le laisser-faire, ni sur un rapport de force mais sur l'intention juste, sincère, authentique de vouloir le bien de l'autre.
Ce que la bienveillance éducative n'est pas

La bienveillance ne consiste pas à :
dire oui pour éviter un conflit, ou pour faire plaisir
ne pas poser de limites
éviter toute frustration
ne jamais se mettre en colère
négocier en permanence
Ce qu'est concrètement la bienveillance éducative
La bienveillance consiste plutôt à :
Poser un cadre clair: un cadre sécurise l’enfant et lui donne des repères.
Respecter les émotions sans céder: l’enfant apprend qu'il peut exprimer ce qu'il ressent même les plus désagréables, tout en intégrant que certaines limites restent nécessaires.
Maintenir le lien même dans le désaccord: l’enfant comprend qu’un désaccord ne remet pas en cause la relation.
Il fait l'expérience que le lien reste solide, même dans les moments difficiles.
Accepter l’imperfection: cela l'aide à accueillir ses différentes facettes, y compris celles qu’il juge moins agréables.
Tenir le cap avec constance: la constance apporte un sentiment de stabilité et de sécurité.
Pourquoi être bienveillant envers soi-même change la relation à son enfant
La bienveillance, commence souvent dans la relation que l'on entretient avec soi-même.
Accepter ses limites, reconnaître sa fatigue, se traiter avec plus de douceur…
Ce sont souvent les premières étapes pour retrouver plus de sérénité dans la relation avec son enfant.
Peut-être que la première personne à qui offrir un peu plus de bienveillance… c’est vous-même.




